Notre intention


L’Economie Ecologique est une transdiscipline visant à développer l’économie en l’incluant comme sous-système ouvert dépendant d’une structure plus grande et finie : l’écosystème. En ce sens, l’économie écologique, très différente de l’économie environnementale, renverse la relation entre la nature et l’économie. Les flux de matière et d’énergie peuvent donc circuler mais ils sont limités en quantité par ce que l’écosystème planète peut offrir. L’Economie Ecologique est donc radicalement différente de l’économie classique et répond, de manière peut-être plus positive et optimiste que l’écologie actuelle, aux enjeux auxquels nous sommes désormais confrontés.

Les inspirations

L’économie bleue, l’économie de la connaissance, l’économie de la reconstruction, l’écologie, la reconquête de la Biodiversité. Ce ne sont pas que des mots ou que de la bien-pensance de comptoir. C’est un objectif total. Il n’est juste pas possible de vivre dans la défiance, dans un monde qui hypothèque notre avenir. Se fermer des perspectives, se dire que l’on ne pourra pas vivre mieux en continuant ainsi… n’est pas supportable. Des solutions doivent émerger. Elles arrivent de toute part désormais. Elles permettent à la nature de reprendre le chemin duquel nous l’avons dévoyé, de vivre sur des modèles économiques profitables à tous et non au détriment de certains. 

L’intention, la partie immergée de l’Iceberg

L’intention d’OXAO se base sur un raisonnement pragmatique. Premièrement, le territoire est fini, ses ressources le sont également. Deuxièmement, tout est lié : la biodiversité, les gaz à effet de serre, notre alimentation, notre santé, nos activités, les acteurs d’un territoire… Troisièmement, les intérêts individuels passent par des compétences spécifiques et localement complémentaires, mais souvent non mis à profit de l’intérêt collectif. Si le territoire est fini, que notre santé et nos activités dépendent de la biodiversité, que nous sommes tous liés et que nos compétences sont complémentaires, il est possible d’envisager de nouvelles formes de développement afin de rendre un système pensé collectivement, individuellement profitable.

En ce sens, notre intention est d’apporter des solutions pour une transition progressive de notre société, pour sa durabilité. Il n’est pas raisonnable de penser tout changer du jour au lendemain (conséquences socio-économiques néfastes certaines !). Nous centrons nos actions sur le territoire, sur l’identification des besoins « communs » comme la qualité de vie, le développement économique, le lien social et sur la manière dont les acteurs peuvent s’organiser pour mettre de concert leurs intérêts. De nouveaux modèles d’organisation basés sur les compétences locales, de nouveaux modèles agricoles prônant la pluriactivité, de nouveaux modèles d’aménagement guidés par les besoins locaux et la capacité du territoire, pour les mener, nous promouvons la coopération afin de démontrer par l’exemple que des solutions durables sont possibles et viables !

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Nous (Mathias et Valentin) nous sommes rencontrés en Mastère Spécialisé Politiques Publiques et Stratégies pour l’Environnement d’AgroParisTech-ENGREF. Mathias, ingénieur en génie de l’aménagement, a conclu après quelques années d’études d’impacts et d’évaluation environnementale, que pour que de nouvelles solutions arrivent, autant les porter! Le second, expert éthologue et naturaliste, a saisi après plusieurs missions de recherche appliquée sur la biodiversité et les activités humaines, que l’acquisition de connaissances scientifiques, a elles-seules, ne pouvaient faire bouger les choses. C’est au cours de cette année de Mastère Spécialisé que nous avons appréhendé le rôle des stratégies, basées sur des politiques publiques, pour rendre proactifs les acteurs de nos territoires dans la transition écologique, énergétique, agricole, territoriale ! Et c’est ça qui nous plait. C’est même notre IKIGAI!

Une première initiative, la partie émergée de l’iceberg

La compensation écologique a été notre première initiative, pourquoi ? Car cette politique publique est une obligation que nous voyons comme un outil favorable au déclenchement de la transition. En effet, la compensation est la conséquence de tous les choix faits en amont, qui cristallise souvent les conflits. Si les projecteurs se braquent sur cette conséquence, nous pourrons alors remonter jusqu’à revenir aux sources.

Néanmoins, son efficacité fait défaut (peu de cohérence écologique, délais de mise en œuvre, équivalence…) alors que des initiatives montrent des retours sur investissement importants pour ceux qui anticipent la compensation. Si des retombées économiques peuvent être perçus tout en rendant efficace l’outil pour l’environnement, n’y-a-t-il pas un moyen pour créer un cercle vertueux local ?

Intégrer les acteurs locaux, aménageurs, collectivités, associations, experts au sein d’une Société Coopérative d’Intérêt Collectif gérant les compensations à l’échelle de leur territoire (un SCoT par exemple) nous ait apparu être la solution. En effet, premièrement cette coopération permet la co-construction d’un projet de territoire basé sur les connaissances d’acteurs aux intérêts divergents mais ayant chacun un intérêt pour solutionner la problématique et où les bénéfices économiques réalisés sont réalloués à de nouvelles actions de transition locales. Deuxièmement, cette structure est une occasion nouvelle pour aller plus loin que la compensation et remonter ensemble la problématique d’artificialisation des sols.

Ce modèle économique d’opérateur de compensation a été validé par l’école AgroParisTech au sein de son itinéraire entrepreneuriat et a également été lauréat du Plan d’Investissement d’Avenir. Il est pour nous qu’un exemple de ce que nous faisons et ce que nous voulons voir émerger.

C’est possible

La société actuelle a été faite par l’Homme. Celle de demain en sera de même. Alors pourquoi dire « ce n’est pas possible, parce qu’on l’a jamais fait ? ».

Si l’Homme a été capable de créer l’économie de la consommation, il est aussi capable de créer l’économie de la reconstruction. Plusieurs caractéristiques doivent être intégrées pour entrer dans cette action :

  • Avoir envie d’améliorer nos perspectives ;
  • Croire en nous, croire en les autres ;
  • Ne pas penser uniquement ce qui a été fait mais aussi ce qui pourrait être fait ;
  • Se baser sur ce qui existe déjà et qui pourrait être réajusté pour simplifier / rendre plus inclusif ou globalement plus profitable.

Des modèles existent et donc des solutions sur lesquelles se baser et desquelles s’inspirer sont visibles. Nous souhaitons, dans l’action, participer à leur éclosion, mener les projets jusqu’au bout, en y mettant du nôtre. Ensemble, nous pouvons converger vers des territoires vivants, incluant tout le monde et où chacun, qu’il soit humain ou non, vivant ou pas encore, y trouve son compte. Cela s’appelle un territoire vivant.

Les moyens de gestion de l’artificialisation, adapté de Colsaet, IDDRI, 2017

Lien vers son article