Gestion adaptative : décision, concertation, communication


La gestion adaptative, pour quoi faire ?

La gestion d’un projet, d’une parcelle, ou encore d’une association ou d’une société est en continu soumise à des choix stratégiques : quelles actions mettre en œuvre, quelles actions poursuivre, quelles actions stopper, est-on efficace… ?

Le principe de gestion adaptative permet de définir des actions et de les adapter dans le temps, en fonction de leur efficacité et de l’évolution des enjeux du projet. Dans le cadre de la compensation écologique, ce modèle de gestion est la garantie d’une compensation efficace, sécurisée et transparente.

 

Comment faire ?

 

Les enjeux

Prenons l’exemple de la gestion d’un site naturel de compensation accueillant des usages agricoles. La première étape est de définir les enjeux de ce site. Un enjeu est un élément du site pour lequel le gestionnaire a une responsabilité et une volonté de maintien ou d’amélioration. Dans l’exemple, une espèce ou un groupe d’espèces cibles est par conséquent considéré comme un enjeu. Néanmoins, l’agriculture peut également être un enjeu à part entière.

Selon le nombre d’enjeux et le budget du gestionnaire, chacun des enjeux peut par la suite être hiérarchisé. Cette hiérarchisation permet ainsi de privilégier certaines actions et d’en expliquer la raison.

Les objectifs

Une fois les enjeux identifiés, le gestionnaire doit définir des objectifs. Un objectif est associé à chaque enjeu. Pour être pertinents, ces objectifs doivent être quantifiables dans le temps. La quantification de l’évolution d’un enjeu donné par rapport à l’objectif voulu permet de vérifier rapidement l’efficacité des actions mises en œuvre, et, le cas échéant, de les modifier dans le cadre d’un nouveau plan d’actions.

Les indicateurs

Pour évaluer de manière quantitative le niveau d’atteinte des objectifs, il est nécessaire de définir des indicateurs de suivi. Un indicateur est par conséquent un élément mesurable. Le travail de définition des objectifs et des indicateurs doit être itératif. La disponibilité de l’indicateur et sa facilité de mesure conditionne la mesure du niveau d’atteinte de l’objectif. Si l’objectif n’est pas vérifiable, il doit être révisé.

Un tableau de bord

L’ensemble de ces éléments (Enjeux, Objectifs, Indicateurs) constitue la base de la stratégie de gestion du site. Afin de faciliter son utilisation et son interprétation, un tableau de bord peut être créé. Celui-ci permet de voir d’un coup d’œil, les évolutions satisfaisantes ou insatisfaisantes des enjeux du site.

Un outil d’aide à la décision, mais également de concertation et de communication

La gestion adaptative permet ainsi d’actualiser les plans d’actions en fonction de l’atteinte des objectifs : il s’agit par conséquent d’un outil d’aide à la décision pertinent. Néanmoins, son utilisation peut être plus large.

En effet, ce support fournit également un outil de concertation intéressant. Chaque partie prenante du projet peut participer à la construction de la stratégie : quels sont les enjeux, quels objectifs poursuivre, quels indicateurs quantifier ? Par l’intégration des acteurs dans cette phase d’élaboration, une mutualisation des moyens pour le suivi de ces objectifs est facilitée. La gestion adaptative devient alors un outil de concertation et même d’appropriation et de coopération.

Enfin, cet outil est également un outil de communication. Grâce au tableau de bord, le gestionnaire peut fournir des réponses claires aux questionnements des acteurs et peut donner à voir les efforts qu’il fournit. L’outil constitue également un point d’attractivité pour d’autres acteurs : « vous agissez sur cet enjeu, je connais et je fais des choses, cela m’intéresse de m’y intégrer ».

Cet outil est par conséquent un moyen efficace pour la construction du plan d’actions, sa révision et aussi pour l’acceptation et la mobilisation des acteurs du territoire.